Haute-route : itinéraires entre
Arolla, cabane des Vignettes
et Zermatt (jours 6 et 7)
Haute-route à skis par le col
de l'Evêque, col du Mont-Brûlé et glacier du Stöckji
Haute-route par le col de l'Evêque, la cabane Bertol et la Tête
Blanche de Bertol
Les cartes suisses de la haute-route sont visibles sur le
site google
maps et sur mapplus.ch
Les cartes précises au 1/25000 proviennent de l'office fédéral
de topographie swiss
topo.
En été :
Depuis les Vignettes il reste 2 étapes magnifiques mais longues.
La première ne présente pas de difficultés techniques,
c'est la traversée du col de l'Evêque, la descente du haut-glacier
d'Arolla pour rejoindre rive droite le sentier qui monte à Bertol
(à environ 2500 m), et rejoindre cette cabane mythique perchée
à 3311 m. A part quelques passages crevassé vers 3200 m
sur le glacier d'Arolla, le seul passage pouvant être délicat
sera l'arrivée même à la cabane : échelles
et rampes sur 50 m, où l'encordement peut être nécessaire
surtout avec de la neige fraîche.
Le soir à la cabane Bertol est très agréable, bien
acclimatés après quelques jours de raid.
Le lendemain, une nouvelle longue étape en altitude permettra de
franchir l'un des plus hauts points de la haute-route: la Tête Blanche
de Bertol, à 3707 m. De ce sommet, le Cervin parait tout proche,
on sent l'écurie ! Pourtant il reste une très longue descente
sur un glacier délicat, le glacier du Stöckji. Les crevasses
obligent souvent à chercher son itinéraire sur le glacier,
jusqu'à rejoindre un rognon rocheux caractéristique (le
Stockji). De là des traces de sentiers entrecoupées de passages
raides permettent de prendre pied sur une moraine caractéristique
et sur le glacier de Zmutt. Ce passage est rendu très délicat
par la pluie ou la neige fraîche, l'encordement est souvent utilisé
par les guides.
En fait de glacier de Zmutt, c'est plutôt une immense moraine, peu
commode et fatiguante, qu'il faut traverser. On peut choisir de rejoindre
la cabane Schönbiel (halte magnifique au pied de la face Nord du
Cervin), ou poursuivre jusqu'à Zermatt. La moraine de Schönbiel
peut se franchir plus à l'est du refuge, par le passage d'une pente
raide et instable avec des traces de passages visibles.
Avoir prévu une nuit à Schönbiel sera bien pratique
en cas de fatigue, ou même pour garder un joker si une journée
de mauvais temps vous bloque à la cabane Bertol.
A noter que le föehn (*) est redoutable sur tout ce secteur. Il est
possible depuis les Vignettes de rejoindre Arolla, été comme
hiver, sans grand soucis.
(*) Föehn : ce phénomène météo est lié
aux détente et compression adiabatiques, différentes suivant
que l'air est humide ou sec. Une masse d'air humide qui frappe un versant
se refroidit de 6° / 1000 m d'élèvation et l'eau se
condense, la masse d'air s'assèche. L'air sec passé sur
l'autre versant se réchauffera de 10° / 1000 m perdus. En pratique,
on observe tout le long de l'arc alpin des périodes où le
temps sera frais et humide sur un versant, et sec et chaud sur l'autre.
Le phénomène est d'autant plus marqué que les sommets
sont hauts. Chamonix et Zermatt sont donc souvent protégés
par le "Föehn, alors qu'au même moment Courmayeur et Breuil/Cervinia
sont sous les précipitations. Les hauts-plateaux des crêtes
frontalières sont alors de véritables pièges, car
le vent y est insupportable (Mont-Blanc, Vallée Blanche, col de
l'Evêque, Tête Blanche...).
Glacier du Stöckji sur Zermatt
Arrivée aux Plans de Bertol
Le Pigne d'Arolla
Printemps : Au printemps, 2 routes sont possibles à partir des
Vignettes:
- Soit en 2 jours par la cabane Bertol, à
peu de choses près le même itinéraire que la haute-route
en été (col de l'Evêque, Plans Bertol et remontée
à la cabane). Puis la descente du glacier du Stöckji,
magnifique et longue dernière descente jusqu'à Zermatt,
où de bonnes conditions seront nécessaires car les pentes
sont orientées à l'Est.
Au niveau du rognon du Stöckji, une pente raide (non praticable
l'été) permettra de le contourner à droite (chutes
de séracs). Puis on traverse pour passer sous le Cervin sur
la rive droite, et rejoindre les pistes ou remontées mécaniques
de Füri, et enfin Zermatt.
- Soit en une seule longue journée,
par les cols du Mont-Brûlé et de Valpelline.
Il faut alors être très rapide, au risque d'avoir une neige
très humide sur le versant Est du glacier du Stöckji ; malgré
des paysages magnifiques versant Valpelline, cette option n'est pas très
conseillée à ceux qui veulent profiter au mieux des conditions,
mais elle est pourtant très classique ! Après la descente
de la première partie du glacier d'Arolla, on rejoint sa branche
Est sous le Mont Brûlé, en direction du col du même
nom. Le col du Mont-Brûlé s'atteint par une pente raide (crampons
utiles) d'une centaine de mètres. On rechausse alors les skis pour
atteindre le glacier de Tsa de Tsan, et une dernière mais longue
épreuve permet de rejoindre, enfin, le col de Valpelline. Le Cervin
et Zermatt sont tout près, il ne reste "plus" qu'à
descendre, ce qui peut être un vrai supplice si les jambes sont
lourdes : après les joies de la glisse du glacier du Stöckji,
de longs faux plats (quelques remontées) n'en finissent pas de
conduire aux remontées ou aux pistes de Füri (1800 m). Avec
une neige molle et peu glissante, cela peut-être bien gênant
!
Par temps de Föehn, ce glacier de Tsa de Tsan est une vraie souricière,
fermée par 2 cols.